À la rencontre de Who Parked The Car

Un vent de fraîcheur et de jeunesse souffle sur le monde du jazz 🎷


Who Parked The Car nous fait voyager au travers d’un univers pointu, tantôt groovy, tantôt smooth, tantôt dansant et même émouvant 🥁


Un cocktail chaleureux et prometteur, qui prend vie sur scène dans une énergie d’amour et de liberté 🎤


Nous avons eu la chance d'échanger avec eux sur le groupe et leurs projets, une discussion à découvrir juste en dessous 👇

📸 : Kévin Paumier

Qui sont Who Parked The Car ? Présentez-vous !


Thomas : Nous sommes un groupe parisien de huit musiciens, qui se sont plus ou moins rencontrés en école de musique ou au lycée. Nous faisons plutôt la musique jazz, pop, soul. Moi, je suis chanteur, pianiste et compositeur.

Sebastián : Je viens du Honduras, on vient de la même école de musique, c'est là, où nous nous sommes rencontrés. Moi je fais les saxophones et parfois, j'essaye de faire de la flûte.

César : Moi, c'est César, je fais la guitare dans le groupe, je viens du sud de la France, je les ai rencontrés pareil à l'IMEP, l'école de musique.


Laura : Je viens de Bretagne, Saint-Brieuc. Je suis la chanteuse du groupe et je les ai rencontrés via Thomas et Malo le percussionniste.


Thomas : Et pour présenter ceux qui ne sont pas là, il y a Malo qui fait les percussions, Alejandro à la batterie, Ludo à la basse, et Félix qui est saxophoniste également.



Comment en êtes vous arrivés à faire de la musique ensemble ?

Thomas : Comme je l'ai dit précédemment, on s'est tous rencontrés dans l'école de musique ou au lycée, et puis cela a matché !

Il y a deux ans, avant le covid, j'organisais des jams, dans un endroit qui s'appelle Jardin Denfert, c'était un squat, c'était vraiment juste à côté de notre école. Toutes les deux semaines je formais une nouvelle équipe pour ouvrir la jam. Une fois, j'ai voulu faire une équipe avec Alejandro le batteur, Ludo le bassiste, Félix le saxophoniste, Sebastián saxophoniste aussi, et César le guitariste, on était 6 de base. Musicalement il y a eu un match, et on s'est dit "Ah ça serait cool de faire quelque chose" !

On s'est retrouvé avec Sebastián après le covid, et on s'est dit avec Alejandro que cela serait cool de reformer cette équipe. Du coup on l'a fait et on s'était donné un goal de juste écrire des morceaux, c'était en décembre. Puis on s'est retrouvé en janvier après les vacances, et on a répété avec la même équipe et cela avait gravé bien marché, c'était trop cool. Puis on a rajouté Malo aux percussions et Laura au chant.


Laura : Je suis arrivée un peu en mode "Salut !". De base je suis très amie avec Thomas et Malo et je voulais voir le projet puisque cela faisait longtemps qu'il voulait créer un projet de ce genre et je voulais support !

Je suis allée les voir et ils m'ont dit "Ouais, chante si tu veux !", j'ai pris un mic, et ça s'est fait un peu comme ça. Ils m'ont proposé de venir dans le groupe et j'ai dit ok !


Thomas : Et après on a eu la chance de rencontrer Thierry ! Nous, on avait juste le projet de faire le groupe, de jouer des compos et essayer de faire des dates, mais on n'avait jamais pensé à faire un album ou aller encore plus loin. C'était vraiment le début, on se disait qu'on allait juste jouer ensemble.


Sebastián : On a croisé Thierry dans le métro, on sortait d'une jam avec Thomas, on se disait que cela serait cool de faire un groupe. Thierry est arrivé et nous a dit "Je cherche à produire des groupes est-ce que vous en avez un ?"


Thomas : Et du coup ça s'est passé comme ça, après on a avancé, on a davantage composé et ensuite, it's history.


📸 : Kévin Paumier

Pourquoi “Who Parked The Car” ?

Sebastián : Ça, c'est un secret, il ne faut pas répondre à ça !


Laura : Je pense que cette question, malheureusement, il n'y aura pas de réponse *rire* !


Quelles sont les influences du groupe ?

Thomas : Déjà, nous, on joue beaucoup de jazz, donc forcément on a beaucoup de ces influences-là. Mais l'idée, c'est de faire de la musique qui va toucher le maximum de gens, de la musique un peu dans le même délire que Snarky Puppy : music for the brain, and the booty. Donc de la musique qui fait danser, mais en même temps, on va essayer de "chercher quelque chose de complexe".

En résumé, de la musique qui peut faire danser mais cela peut être aussi de la musique qui peut faire pleurer. On a un gros panel, on essaye de jouer avec plusieurs couleurs différentes dans les styles, et chacun amène son petit truc, cela apporte beaucoup de diversité.


Qu’avez-vous envie de transmettre avec votre musique ?

Thomas : C'est vraiment l'idée que la musique est un art universel et que cela réunit les gens.

Sebastián : Je pense aussi que c'est un peu palpable qu'il y ait une amitié entre nous, donc cela se transmet aux gens.



César : On sent qu'on s'amuse énormément en groupe et je pense que cela se voit sur scène. On essaye de faire un mix de nos influences, un peu de jazz quand on parle de Snarky Puppy et en même temps toucher le plus de gens possible. Que cela soit une musique la plus accessible possible, tout en restant intéressant pour nous et pour les gens.


Laura : Moi, je dirais surtout qu'il y a un partage de bonne humeur vraiment intense. C'est prenant, je pense que cela soit pour nous ou pour le public, vu que nous avons un panel hyper varié au niveau de nos sons, on peut faire bouger comme on peut faire chialer.

Thomas : Je pense également que c'est au-delà de sur scène et en répète, c'est aussi dans la vie en général, on est une bande de potes. Cela se ressent aussi beaucoup parce qu'on est parti en résidence, on a passé littéralement passé deux semaines ensemble, ça marche, ouf !

Parlez-nous de votre album “Mad Weather Good Friends” !

Thomas : Concernant la création des morceaux, je faisais des maquettes vite fait de compositions, ou alors on faisait des maquettes ensemble, ou on jammait ensemble et cela créait des morceaux. Comme on se le disait, vu qu'il y a un grand mélange de style et qu'on parle de plusieurs choses, ce n'est pas un album concept, il n'y a pas d'histoire à raconter. Mais disons plutôt, plusieurs histoires, dont des choses plus personnelles, d'autres moins. Notre morceau "Candle Dance" par exemple, c'est littéralement deux phrases, en mode si cela ne va pas, juste danse et let's go!

Mais il y a aussi des morceaux, dont par exemple "Mad Weather, Good Friends", le morceau titre de l'album, qui est un morceau beaucoup plus personnel. Cela parle de la relation qu'on a avec "what we call home". Surtout qu'on ne vient pas tous de Paris, moi aussi je viens de Bretagne, Sebastián du Honduras, César vient du sud, on a tous une maison de base. Là, on a grandi et quand on vient à Paris, c'est surtout le choc d'arriver dans une grosse ville avec une vie étudiante, loin de sa famille, loin de ses potes, loin d'où tu as vécu. On a choisi "Mad Weather", pour le temps de merde par rapport à la Bretagne, et "Good Friends" car il y a les bons potes.


Sebastián : Pour moi, c'était ma deuxième ou troisième année ici en France et des fois c'est dur de déménager de l'autre côté du monde. Mais après, quand les choses n'allaient pas, j'avais mes good friends à côté de moi, et je pense qu'il y a de cela dans l'album.


César : Et en plus, cela a été fait en sortant de la fin des confinements, il y avait un côté où on était content de refaire de la musique ensemble. Je ne sais pas pour vous, mais moi entre les deuxième et troisième années d'étude et avec le confinement, on a perdu un peu espoir, on ne jouait plus avec les gens et on se disait qu'on ne ferait plus de concerts, que l'école allait se finir et qu'on ne connaitrait pas bien les gens.

Thomas : Quand on a enregistré, on avait tous eu des petites expériences studio, mais celle-là était pour nous hyper forte parce que c'était intense, c'était hyper beau et dur, mais en même temps c'était vraiment très cool. C'était surtout dans les meilleures conditions, en Espagne, à la frontière de la France, dans un super studio, avec un super ingé son, avec du super matos. On est chauds pour la suite, on se prépare pour le deuxième album, on a déjà prévu tout ça, notamment de retourner enregistrer en Espagne.


Dans quel lieu vous aimeriez qu’on écoute votre musique ?


Laura : Partout ! Que cela soit dans un Uber, une rame de métro...


Sebastián : Chez le coiffeur, et qu'on se dise "J'aime bien la musique qu'ils font !".

Thomas : Justement, ce qui est cool, c'est que les gens puissent écouter la musique que cela soit en concert, en studio, mais aussi dans des moments de vie.

C'est comme vous dîtes, chez le coiffeur, dans le métro, dans le supermarché, à la radio !


Sebastián : De Monoprix, jusqu'à l'Olympia.


📸 : Kévin Paumier

Que pensez-vous de la scène jazz française actuelle ?


Thomas : En France, c'est très varié quand même.

C'est hyper vaste au final quand on parle d'Old Jazz, de Swing, cela existe toujours, mais cela appartient à une certaine génération, ou alors à des musiciens ou étudiants comme nous, qui sont intéressés par cela.

Mais au final, en ce qui concerne la scène jazz moderne, je vois beaucoup d'influences de la musique électronique avec les groupes qu'il y a en ce moment sur Paname. Il y a aussi je trouve une aspiration très fusion / musique du monde, Ishkero par exemple font vraiment ça !


César : Moi je vois dans les clubs en ce moment, Rue des Lombards, qu'il y a énormément d'étudiants comme nous qui sortent des écoles. Il y a le CMDL, il y a notre école, il y a le Conservatoire national, et c'est un jazz qui devient beaucoup plus électro, avec énormément d'effets, des synthés, souvent des progressions un peu plus simples, mais différentes de ce qui se faisait avant. Il y a davantage un mix avec le rock électro à la Radiohead mais en jazz. Beaucoup d'effets sur l'équilibre général, ce qui ne se faisait pas trop.


Thomas : Mais cela ne veut pas dire que le bon vieux jazz n'est plus existant ! Au final, il est quand même hyper présent. Il y a un vrai public pour ça à Paris.

Historiquement et de manière générale, le jazz s'est très facilement importé à Paris. Je pense que les français ont kiffé à l'ancienne et que cela a toujours été le cas. La preuve c'est qu'il y a encore des jeunes comme nous aujourd'hui ou des personnes de plein de milieux qui vont dans ces clubs pour écouter la musique. Moi j'aime bien quand on peut aller dans les clubs et y voir des jeunes comme nous, mais qui ne sont pas du tout musiciens ou alors des darons ou des vieux. Je trouve cela assez cool, cela réunit pas mal de gens.

Mais en même temps, je pense qu'il y a certains endroits où c'est assez fermé, notamment quand on est des jeunes musiciens et qu'on veut jouer dans des jams ou des endroits comme ça. L'ancienne génération aime bien jouer avec l'ancienne génération.

César : L'ancienne génération s'inspire aussi vachement de ce qui se fait en ce moment chez les jeunes musiciens de jazz. Je pense à Brad Mehldau par exemple, qui a sorti un album en 2020 et 2022 avec beaucoup de synthés, beaucoup d'effets, alors que c'est un mec qui a joué énormément de standards. Là, c'est un peu un mix de jazz et rock progressif.



Quelles sont vos dernières claques musicales ?

Thomas : J'ai découvert ce son il y a pas longtemps, c'est un pote qui me l'avait fait écouter à l'ancienne, mais je l'avais oublié, c'est "Textures" de de Herbie Hancock.


Sebastián : Moi, en ce moment, j'écoute exclusivement Michael Brecker et son groupe Steps Ahead.


César : Moi je dirais, et je pense que c'est assez commun, Earth, Wind & Fire. Je n'avais pas compris à quel point c'était intéressant et à quel point c'était cool ! En plus de cela, je pense qu'on tend un peu vers ce style-là avec le groupe.


Laura : De mon côté, je suis très axé chanson française, et je pense à une fille qui s'appelle LYNN, elle n'est pas très connue. Sa musique me touche particulièrement, parce que c'est vraiment là-dedans, personnellement, que j'ai envie d'aller.


Si vous pouviez associer une couleur à votre musique, vous choisiriez laquelle et pourquoi ?

Sebastián : Toutes les couleurs !


Thomas : En vrai, c'est une bonne réponse. L'idée, c'est toutes les couleurs ! Cela revient à ce qu'on disait tout à l'heure. Vois-le comme un peintre qui veut faire une peinture avec toutes les couleurs possibles de l'univers, et en même temps, que cela parle aux gens. C'est chercher la simplicité dans la complexité.


Laura : Je vois toutes les couleurs aussi, mais je vois plus une succession de couleurs, passer du rose au rouge, etc... En résumé, un cheminement par rapport même à la musique qu'on fait, il y a plusieurs moods, je vois des couleurs qui arrivent un peu dans tous les sens.

📸 : Kévin Paumier

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