À la rencontre de FishBaby

Lors d'un après-midi ensoleillé à Pigalle, nous avons eu la chance de discuter avec le groupe FishBaby 🐠


Puisant leurs influences entre le jazz et la pop au détour du rock et du funk, les 4 amis délivrent une musique solaire, entre improvisation et précision 🎷


Pour en apprendre plus sur leur histoire, leurs influences et leurs projets, on vous laisse plonger dans l'univers FishBaby par ici 👇


📸 : Claire Peyrol

C’est qui FishBaby ? Présentez-vous !


Tom : Nous sommes un quartet ! Dans FishBaby il y a moi Tom, qui fait du saxophone et du clavier, et qui va bientôt chanter !


Louis : Moi c’est Louis, je suis bassiste. À la batterie avec nous, il y a Julien, et à la guitare Thomas.


Comment vous êtes-vous rencontrés ?


Tom : À la base, on a eu l’idée de monter ce projet avec Thomas que j’ai rencontré lorsqu’on était au conservatoire. Après notre formation on a enchaîné avec une école de jazz qui s’appelle le Centre des Musiques Didier Lockwood (CMDL). Là-bas, on a sympathisé avec Louis et Julien en faisant des sessions avec eux.

En parallèle, comme on voulait monter un projet Thomas et moi, on s’est dit qu’on allait leur demander s’ils étaient chauds de monter ça avec nous en partant de pas grand chose. On avait quelques idées de riffs et mélodies avec Thomas qu’on ramenait en répétitions, et ensuite on composait autour de ça. C’était assez dérivé directement de nos influences du moment avec Thomas, qui ont évoluées aujourd’hui.


En parlant de ça, quelles sont vos influences ?


Tom : À la base, on en avait pas mal en commun avec Thomas qu’on a amenées dans le groupe, car on savait qu’on voulait faire un projet dans ce type-là. On peut retrouver un groupe américain qui s’appelle Butcher Brown, également un groupe anglais The Comet Is Coming que j’avais vu faire un Tiny Desk sur YouTube.


Louis : Je trouve qu’il y a l’effet ricochet. Quand tu amènes une influence à 3 personnes, le propos va toujours être déformé à un point où cela n’a plus grand-chose à voir avec l’influence source. Tom et Thomas partagent un peu les mêmes influences, Julien est beaucoup plus axé jazz et gospel moderne assez technique et moi pour ma part je suis plus axé soul assez old school, années 70 et les Beatles. Du coup, tout le monde répond de manière assez différente à une même influence.

Il y a des moments où on va allier deux influences entre elles. Par exemple le côté technique et gospel que Julien aime, et le côté parfois plus punk et free jazz. On va en tirer des ponts, et cela va donner de la personnalité au morceau. C’est ce qu’on a exploré pendant le premier EP, récemment on prend plus parti dans nos positions.


Tom : On a des influences différentes, mais nous ne sommes pas hermétiques aux influences de chacun, on se fait quand même découvrir des morceaux. Que cela soit Louis ou Julien, je sais qu’ils écoutent des choses que je n’écoute pas nécessairement, mais quand ils me les font écouter, ça me plaît. On se nourrit les uns des autres, il y a de l’alchimie sur ce plan-là.

📸 : Claire Peyrol

Louis : Le fait qu’on soit tous issus de la même école implique également qu’on ait le même référentiel musical. On a eu les mêmes profs, on sait ce que l’autre veut dire musicalement quand il exprime quelque chose.


Thomas : J’ai beaucoup été influencé par des artistes issus de la culture américaine, avec des esthétiques différentes mais tous caractérisés par une approche “soulful” de la musique. On y retrouve des artistes comme Kaytranada, Kaellin Ellis, Mndsgn, Khruangbin, The Weeknd, Leon Bridges, Terrace Martin (notamment avec l’album "Dinner Party").


Comment fonctionnez-vous ensemble dans la création de vos morceaux ?


Tom : On en a plusieurs. On a essayé au début, comme c'était difficile de réunir 4 personnes, d’organiser des sessions à deux avec Thomas pour trouver des idées. Ensuite, dès que Julien et Louis étaient dispos, on leur posait les idées. Je crois qu’au début, on avait un peu peur de leur faire perdre leur temps. Eux ajoutaient ensuite leurs parties directement.
Maintenant qu’on a pas mal joué ensemble, qu’on est tous investis sur le plan artistique, on a plus décidé de créer par résidence de création. On jamme, on joue pendant longtemps en improvisant et en enregistrant tout ça. On réécoute après, et on fait des petits patchworks.


📸 : Mathieu Kibodi

Louis : Ce que j’aime bien là-dedans, c’est qu’il y a ce côté où chaque membre du groupe peut créer sa propre partie. Cela veut tout d’abord dire que techniquement, il sera plus confortable et à l’aise avec. Il n’y a pas de risque qu’il perde ses moyens sur scène, cela sera complètement honnête, il s'en souviendra toujours. On n’a pas une seule partition, et on a une bonne quinzaine de morceaux.


Pourquoi “FishBaby” ?


Tom : *rire* À l’époque où a commencé à monter le projet, j’ai toujours eu une angoisse profonde à nommer le groupe, parce que c’est tout le temps un peu pourri à moins que tu n'aies une idée de malade. Les quartets qui viennent du jazz ont une très fâcheuse tendance à appeler leur projet en France avec des noms un peu stupides. C’est hyper dur de trouver un nom.

J’avais déjà eu la flemme au début du groupe de faire la conversation Messenger où on allait tous donner des propositions de nom pour le groupe, et personne qui est ok, et on finit sur un truc bof-moyen. La veille de cette conversation j’étais avec un très vieux pote à moi qui fait de la musique aussi. On faisait du beat box débile ensemble, et il a fait un espèce de petit beat rigolo en faisant un break à un endroit où il a dit “FishBaby”. Une association de mots que j’ai trouvés fun et très fluide, donc j’ai fait le lendemain la conversation Messenger, et au final tout le monde était chaud. Réglé en une phrase.

L’histoire n’est pas folle, mais je suis très fier de la vitesse à laquelle le nom a été adopté, et 6 mois plus tard on est convaincus du nom. Le nom ne nous enferme pas dans une case, tu peux aller dans la direction artistique que tu veux.


Pouvez-vous nous parler de votre EP “Jaws” ?


Louis : C’est un EP qui a 5 titres qu’on a trouvé relativement assez vite aboutis. Ils ont une modernité, ils projettent chacun quelque chose de différent. On était encore dans ce mood patchwork dont je te parlais tout à l’heure.

Le premier EP c’est parfois la peau de mouton sacrifiée pour faire naître ton projet. Cela ne va peut-être pas être génial, mais il faut que tu le fasses. Quelque part en faisant ça, on a mis un pas en avant.

On l’a enregistré dans un studio qui appartient à Clément Baysse, qui est notre ingé son, loin de Paris, au bout du RER C. On a enregistré ces morceaux sur 5 jours.
Il y a “Ride Safe”, “Sucker Fish” et “Drunk Alice” qui ont une sorte d’air un peu frais dans la manière dont on composait. Ils sont encore dans nos sets.

Là, cela nous a donné l’impulsion de travailler sur un deuxième EP, on a pas envie de s’arrêter à ça. On a plein de petites pistes entendues dans cet EP là, qu’on va explorer avec beaucoup plus de partis pris dans le prochain EP.


Tom : Si je peux rajouter un truc, j’ai l’impression que pour un projet qui commence, c’est toujours particulier le premier disque que tu fais. Dans la manière dont je l’ai vécu, tu prends un peu tout ce que tu as, et tu lances des billes dans plein de directions différentes et tu vois jusqu’où elles vont. Puis bien après, tu reviens 6 mois plus tard, et tu regardes ce qui sonne encore bien dans tes oreilles, ce qui te donne envie de continuer, et ce qui paraît être du passé.

Par exemple l’EP est exclusivement instrumental, là nous avons envie d’explorer le côté chanté, et de créer des chansons pour la suite.



Où en est votre prochain projet ?


Louis : On a envie de devenir autonome dans notre façon d’enregistrer. Du coup on est en train d’installer un studio dans l’endroit où l’on répète.

On a commencé à mettre sur le papier des morceaux qu’on joue depuis 6-8 mois et d’autres assez avancés. Avec cette autonomie-là d'enregistrement, on n’est pas dépendants d’un studio pour sortir un single.


Tom : L’idée est de produire du contenu assez rapidement pour en sortir régulièrement par la suite.


Quelles sont vos dernières claques musicales ?


Tom : Comme j’étais en voyage récemment et que je n’avais pas trop internet, j’écoutais les vieux titres de ma bibliothèque iTunes. Je me suis bien marré, car j’ai réécouté des morceaux que je n’avais pas écoutés depuis 10 ans et qui m’ont bien fait triper.

J’ai redécouvert cette superbe chanteuse de pop qui s’appelle Jessie J, ma sœur est méga fan d’elle et de Lady Gaga. Du coup je me suis refait une grande partie de Jessie J et Lady Gaga, et il y a des trucs pas mal. C’est de la bonne pop, c’est très bien produit, les mélodies restent vraiment bien en tête.


Louis : Moi perso, j’ai écouté deux sons en repeat. J’ai écouté “Get Down On Saturday Night” d’Oliver Cheatham, un peu disco. Il y aussi “Teaderdrops” de Womack & Womack un vieux morceau des années 80. Il a percuté mon cœur.


Thomas: J’ai été impressionné par le dernier album de Beyoncé, "Renaissance", dans lequel le niveau de production est vraiment élevé.

J’aime également beaucoup le morceau "Mariella" de Khruangbin avec Leon Bridges, leur collaboration est juste incroyable.


Si vous pouviez associer une couleur à votre musique, vous choisiriez laquelle et pourquoi ?


Tom : Je dirais un rose un peu pastel, pas trop rose bonbon, un peu précieux, Marie Antoinette, mais sans forcément qu’on soit dans les froufrous et les mouches.


Louis : Moi je dirais qu’actuellement, notre musique a des couleurs un peu bleues et violettes. J’aimerais bien qu’elle tende vers un petit orange délavé, parce que pour moi ce sont des couleurs qui sont plus pop, plus légères, mais la légèreté apporte plus de réflexion, de profondeur, un propos qui est largement interprétable par les gens et plus appropriable.


On vous voit quand en live ?


Tom : On a un concert au Mazette, l’ancienne Concrète, le 27 octobre. En plus de ça, on a l’honneur d’avoir Flore Benguigui qui viendra faire un petit DJ set pour finir la soirée en beauté.

Après on fait une pause car on aimerait être dans un processus de création, et trouver une nouvelle manière de faire vivre nos morceaux.



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