À la rencontre d'Anaïs Rosso

On a eu la chance de discuter avec Anaïs Rosso, qui terminait son programme d'accompagnement avec WomenBeats ✨


Troisième lauréate du dispositif, l'artiste nous décrit son univers, les sujets personnels qu'elle aborde dans son futur EP, et comment elle veut utiliser sa musique pour enjoliver les angoisses 🔮


Un échange à découvrir par ici 👇



C’est qui Anaïs Rosso ? Présente-toi !


Je suis auteure-compositrice et interprète et je suis en train de composer mon premier EP qui sortira courant de l’année 2023. C’est un EP qui est très personnel, qui traite de sujets qui de base étaient très lourds pour moi, notamment la mort, l’injustice ou encore ma famille qui prend une part très importante dans ce projet.

Mon but autour de l’art, c’est de rendre ces sentiments impudiques, de rendre la mort accessible, en musique, et de la rendre presque belle. J’essaye d’aller chercher dans les sonorités, des éléments qui enjolivent l’angoisse. À côté de cela, j’aime conjuguer les arts, par exemple mettre un peu de théâtre dans mes lives.



Qui t’as inspirée dans ton parcours musical ?


Je dis toujours que le concert de ma vie, serait de commencer un Zénith par Vivaldi, ensuite Lauryn Hill arrive sur son flow, les Cures arrivent juste par-derrière, et Henri Salvador prendrait le relais. Cela serait le groupe de mes rêves.


Comment définirais-tu ton univers musical ?


J’essaye d’aller chercher tout ce qui me plaît, je n’ai pas d’univers à la base, cela part de rêves, on est dans les chimères. Je pense que la base de mon univers est le blues, de par le blues, je décore avec des sonorités un peu plus actuelles. J’essaye de faire du rétro-futurisme dans ma musique.



Est-ce que tu peux nous parler davantage de ton futur projet ?


C’est un EP encore en préparation. Dans ce projet, je vais chercher dans mes entrailles, au plus profond de moi. C’est un EP qui, je pense, va me permettre de passer à autre chose, sur beaucoup de points personnellement.

Ce qui m'a inspiré, ce sont les problématiques de vie. Je pense à une grande souffrance d’enfant qui m’a inspiré. C’était une échappatoire. Se demander comment créer un monde imaginaire, un paradis qui n’existe pas, avec des personnages fictifs, ou réels qui sont tous morts. Créer le monde de Narnia, en musique.

Dans mes morceaux, je prends des personnages qui sont réels, pour l’instant, mais j’aimerais en faire des fictifs. Je parle de ma famille, de ma mère, souvent. C’est un personnage assez intéressant. Je parle également d’animaux comme les oiseaux.

Le premier morceau du projet, qui s’appelle “La Veuve”, retrace l’histoire de ma mère, qui a perdu son mari, mon père, assassiné à Kinshasa en 1992. Tout cet EP va traiter, de tout ce drame de vie, et de comment, moi, j’ai réussi à être heureuse et à pardonner à ce meurtre. J’ai l'espoir de donner de l'espoir, de conjuguer le mal en joie. Si j’ai réussi grâce à la musique à pouvoir pardonner à un coupable, que je ne connais pas du tout, si c’est possible d’avoir fait ça, on peut pardonner à la boulangère d’avoir mal fait chauffer le croissant.


Qu’est-ce que tu retires du programme WomenBeats ?


On m’a conseillé de suivre ce programme, que je ne connaissais pas à la base. J’ai eu raison de le faire, car cela a répondu à toutes mes attentes autant professionnelles, et curieusement humaines. Je ne m’attendais pas à avoir une telle approche avec Daphné, Juliette et Léna.

Quand je repense à moi il y a quelques mois lorsque j’ai démarré le programme, je n’étais pas du tout la même artiste. J’ai eu la chance d’avoir des réponses à énormément de questions, suite à ce projet musical qui était encore un peu flou.

Le programme WomenBeats a pu recadrer, poncer, cleaner, la direction dans laquelle je voulais aller.


Qui est la femme qui t’a la plus inspirée dans ta vie ?


Je dirais que c’est Billie Holiday. Parce que Billie, comment elle montait sur scène, elle avait quelque chose d’extraordinaire.

Elle arrivait avec des longs gants qui arrivaient jusqu’à ses épaules. Elle arrivait avec cette tenue de princesse et traitait de sujets particulièrement horribles. Elle était une thèse et une antithèse à elle-même. Elle arrive avec ses sujets qui sont graves, mais quand tu la vois, on dirait Cendrillon.

Et puis quand elle va en loge et qu’elle enlève ses gants, il y a de l'héroïne partout sur ses bras. Je trouve que cette image est magnifique.


Quelle est ta dernière découverte musicale ?


Une fille que j’ai découverte il n’y a pas longtemps, elle s'appelle Little Simz.



Si tu pouvais associer une couleur à ta musique, laquelle choisirais-tu et pourquoi ?


Je pense à du vert ou de l’orange, les couleurs du paradis qu’on a jamais vu. Mais dans mon imaginaire, c’est un coucher de soleil éternel, des oranges qui tirent vers les verts.


On pourra te voir quand en live ?



22 septembre : Bru·x·elles festival, Bruxelles (Belgique)


29 septembre : Mains d’Œuvres, Saint Ouen (93)


4 octobre : Sofar Paris, secret place


18 octobre : Le Barbizon, Paris (75)


26 novembre : le Café de la Danse, Paris (75)


28 janvier : Espace Paul Eluard, Stains (93)



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